Ouch. La front commun démoli.

Parfois, j’adore tout simplement Claude Picher. Il est un délice à lire. Ses points sont clairs, bien appuyés, les chiffres sont là, incontestables, bien fouillés, etc.

C’est encore le cas en fin de semaine alors qu’il démoli totalement les prétentions du front commun syndical québécois. Voici quelques extraits du texte.

Les gouvernements ont renoué avec le cercle vicieux des déficits et de l’endettement. Mais les syndicats québécois semblent déconnectés de ces réalités, […]

Or, le front commun affirme avoir en mains un argument blindé: le dernier rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) sur la rémunération. Le document montre que, pour des emplois identiques, les salaires des fonctionnaires québécois sont maintenant en retard sur ceux du secteur privé. […]

Les emplois qui sont peu représentés dans le privé, comme les policiers, les infirmières ou les enseignantes, sont exclus de l’étude. […]

Mais dans les faits, le discours du front commun est une illusion. Ce n’est pas vrai, tout simplement pas vrai, que les salaires du secteur public québécois sont en retard sur ceux du privé.

L’enquête de l’ISQ ne couvre que les entreprises de 200 employés ou plus. Ce n’est pas une omission ou une erreur méthodologique, c’est voulu comme cela. […]

Dans ces conditions, le supposé «retard» des fonctionnaires sur le secteur privé est une immense fiction. La réalité, c’est que les fonctionnaires sont en retard seulement si on ne considère que les meilleurs employeurs du privé, et qu’on fait comme si 70% des autres travailleurs n’existaient pas.

Allez donc expliquer aux deux millions de travailleurs québécois, dans les PME manufacturières, les restaurants, les salons de coiffure, les petits commerces de détail, qui travaillent pour 500$ par semaine ou moins, à peu près aucune sécurité d’emploi et des caisses de retraite dérisoires quand ils en ont, allez donc leur dire qu’ils sont en «avance» sur les syndiqués du front commun.

Alain Dubuc a raison: des Martiens.

C’est à se demander pourquoi on fait de telles études à l’ISQ alors qu’on en manipule les résultats de manière aussi malhonnêtes depuis des années.

Il est aussi frustrant qu’aucun journaliste n’ait jamais noté ce point qui devrait être aussi connu que les prétentions des syndicats qui se servent alors de l’ignorance de la population et la complaisance des médias pour faire valoir leur point.

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Publié le mai 19, 2009, dans Économie, Médias, Syndicats. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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