Les festivals au Québec.

Me voilà de retour finalement. J’ai quelques billets que je vous prépare et que je n’ai pas terminé. Je me rends compte que c’est bien twitter, c’est moins long, mais la pertinence du blogue demeure.

On va avoir un automne chaud avec les élections municipales (entre autres celles de Québec avec Jeff et moi), la course à l’ADQ, des fort possibles élections fédérales… Ça va faire du bien parce que l’été a été rempli d’histoires assez insignifiantes!!! La dernière me donne tout de même l’occasion de vous parler des festivals au Québec.

J’ai l’impression que les Québécois ne réalisent pas que leurs beaux petits shows « gratuits » l’été ne le sont pas du tout. On nous vend en grande pompe les retombés économiques, mais la réalité, nous le savons, c’est de l’argent local qui est dépensé au local autour d’événements locaux payés avec de l’argent local.

Paul-McCartney-002Le 400e de Québec a attiré 2,4 millions de participants. De ce nombre, plus de 2 millions venaient du Canada (85% des participants), presque 1,8 million venaient du Québec (75% des participants) et 600 000 venaient de Québec même(25% des participants). Où est donc la réelle création de richesses sur plus de 150 millions dépensés en subventions des 3 palliers de gouvernements? Combien de touristes non-Canadiens ou même non Québécois de plus y a t-il vraiment eu? Pourtant, on a crié au génie avec Daniel « GOD » Gélinas et au succès phénoménal.

D’ailleurs, vous savez que cet été, on a investi énormément pour ramener le moulin à images et amener un spectacle du « Cirque du soleil » (que je n’ai pas vu encore, mais dont j’entend seulement du négatif). Le résultat est déprimant aussi pour le tourisme. On parle de baisses significatives, non pas comparé à 2008, mais bien à 2007. Seulement grâce à la crise? Et la baisse est-elle due à des Québécois en moins?

J’en arrive donc à la dernière histoire de remplissage médiatique de l’été. Le Festival d’été de Québec versus les Francofolies de Montréal. Des festivals qui ont respectivement comme budget 16 et 10,2 millions de dollars par année! Mais, yé! Une guerre Québec-Montréal! Ça ça fait vendre de la copie et amène des paires d’oreilles… J’y reviendrai d’ailleurs dans un prochain billet.

On est même rendus aux menaces de poursuites. D’ailleurs, sur ce point précis, Labeaume n’a pas nécessairement tort. Combien se met « dans les poches » Alain Simard et son entourage en salaire pour s’occuper des Francofolies? Je doute fortement que ce soit du bénévolat. Combien est dépensé pour les salles propriété de Spectra (comme le Metropolis)? Combien touchent les artistes représentés par Spectra (Vincent Vallière, Paul Piché, Loco Locass, entre autres)? Et ce n’est que ce qui est évident. Encore une fois, il faudrait avoir tous les chiffres accessibles publiquement.

Mais en dehors de ça, c’est quoi cette niaiseries d’histoire et pourquoi le maire Labeaume s’en mêle?!? En quoi ça dérange le festival d’été que les Francofolies déménagent de date, même si un événement est plus près de l’autre? Le maire dit craindre que le FEQ ne puisse plus mettre la main sur la «crème des artistes français».

  1. Pourquoi avoir peur de la compétition? La seule chose qui me dérange, c’est que les 2 festivals sont assez caves pour se relancer à payer des cachets plus élevés pour les mêmes artistes. Déjà qu’on a souvent entendu que le FEQ surpayait ses artistes invités.
  2. En quoi le FEQ ou les francofolies pourraient plus ou moins attirer des artistes français et nuire à l’autre plus qu’aujourd’hui? J’imagine que les disponibilités ne sont pas les mêmes quand les festivals sont plus éloignés, mais tout de même.
  3. Majoritairement, c’est 2 publics différents et soyons honnêtes les shows francophones ne sont pas les shows qui attirent le plus au festival d’été! Ce que les gens attendent et pourquoi ils payent leur macaron, c’est pour les gros shows de vedettes internationales, habituellement anglophones.

Le FEQ a laissé tomber il y a longtemps d’être une pâle copie des Francofolies pour devenir un festival bien plus intéressant! Parce que si les Francofolies en arrachent, c’est pour la même raison que le FEQ en arrachait il y a 10 ans! C’est les mêmes shows d’année en année et des shows qui n’intéressent personne. On a beau s’en faire croire avec les « vedettes » québécoises, ils rejoignent pas mal moins de gens que la vraie musique internationale. Là, les francos perdent 200 000$ par année depuis des années et c’est le Gouvernement qui éponge chaque année au lieu de changer d’administrateur ou de fermer le robinet. Bien sûr que des commerçants chiâleraient, mais l’argent serait simplement dépensé à St-Bruno au lieu d’à Montréal. Y’a pas d’argent neuf qui se créé! 

Mais les festivals, c’est la façon de donner un salaire annuel à des artistes en quelques dates de travail durant l’été. Il y en a même qui travaillent seulement l’été et qu’on ne revoit pas le reste de l’année. Et c’est surtout payé à même les subventions gouvernementales et des commandites de monopoles d’État comme Hydro-Québec, Loto-Québec et la SAQ.

Alors c’est quoi ce débat et pourquoi on se sentirait interpellé?

Publié le août 12, 2009, dans Économie, Culture, Médias, Politique. Bookmarquez ce permalien. 8 Commentaires.

  1. Jeff Blanchette

    « En quoi le FEQ ou les francofolies pourraient plus ou moins attirer des artistes français et nuire à l’autre plus qu’aujourd’hui? J’imagine que les disponibilités ne sont pas les mêmes quand les festivals sont plus éloignés, mais tout de même. »

    Sur ce point, il ne faut pas oublier que le FEQ, et j’imagine les Franco, fonctionne par contrat d’exclusivité. Quand un artiste se produit au FEQ, ca doit être un spectacle unique pour la période estival dans la province ou pour les artistes plus locaux, ils ont une restriction géographique (X km autour de Québec sans faire de spectacle pendant 1 mois; chiffres exactes sous réserve, je n’ai pas retrouvé l’article de journal à ce sujet). Dans cette optique, si les deux événements sont très près l’un de l’autre, ils sont en compétition pour ces « exclusivités ». Le FEQ se sert d’ailleurs de ca pour justifier ses cachets plus élevé aux artistes.

    Ceci étant dit, le malaise que j’ai dans cette histoire, c’est que c’est mon argent finalement qu’on dépense. Les Francos, c’est gratuit, alors le nombre de visiteurs est moins importants pour leurs revenus, mais je ne peux pas croire qu’ils ne perdront plus d’argent en juin. Les Québécois ne sont pas en vacances à ce moment et la température est vraiment merdique !

    Je serais curieux aussi qu’on vérifie publiquement les ouï-dire sur la gestion de Spectra, à savoir si toutes les sous-entreprises sont vraiment nécessaires ou si c’est juste une autre façon de téter plus de subventions.

  2. anonyme secret

    Ça coûte donc bien cher! Il y a des artistes pas trop connus qui ramassent des 50 000 dollards pour un show.
    exagéré!!

  3. Les tartisses sont payés parce quon est dans un pays de gauchistes. Pour moi, y devrais pas avoir de notre argent dans les festival. c’est l’affaire du privé. Notre gouvernemaman gauchiste à marde a pas d’affaire dans ça.

  4. @Jeff : pour les contrats d’exclusivités, peu d’artistes québécois peuvent se permettre ça. Étrangement, ceux qui le peuvent sont peut-être ceux que je veux pas voir…

    Je comprends pas non plus le choix de déplacer ça en juin. Il y a déjà les shows du 23/24 juin qui sont pas mal dans la palette des francofolies. Weird!

  5. Ricardo Montalban

    Vive le Woodstock en Beauce, le seul festival non subventionné du Québec.

  6. J’y étais au dernier et sans que ce soit volontaire, si ce n’était d’une jolie dame qui m’avait invité à Seether au festival d’été, je n’aurais assisté à aucun événement à Québec cet été. J’ai été à Armagh, St-Joseph de Beauce, St-Jean Chrysostome, mais rien à Québec.

  7. tu fais ben mon DooM de pas aller encourage les tartisse gauchiste. on fait mieux de rester chez nous pis de les envoyer chier ces gauchistes à marde là.

    anyway, aux USA, la culture est ben meilleure. tant qu’à me taper 4 fois 45$ pour aller voir des tartisses québécois, autant mieux se payer un voyage à plattsburg pour aller voir les américains.

    t’a raison mon Doom.

  8. Mon point n’est pas sur la culture québécoise ou non. Au 400e, je critique autant le show de McCartney que de Céline Dion ou la gang Québec-France qui ont chanté.

    C’est les festivals et surtout comment on nous fait avaler les supposés « retombés économiques » de ces festivals que je critique.

    Moi si les gens sont libres de payer pour voir ce qu’ils veulent et qu’ils préfèrent des artistes québécois, c’est leur affaire. C’est très rarement mon choix, mais je fais bien ce que je veux avec mon argent.

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