Le non-vote qui m’a déchiré toute la journée…

Ce soir, pour la première fois, grâce à l’idée de notre ami Gerry Pizza, on va se faire une soirée électorale (gratuite, disponible à toutes les oreilles dès 20h) à Radiopirate.com. Nous allons suivre le dévoilement des résultats comme on a suivi toute la campagne électorale. Avec intérêt, réflexion, appréhension, un brin d’humour (beaucoup peut-être), crainte, etc.

Je disais hier être en désaccord avec Joanne Marcotte concernant l’importance de cette élection. Pour moi, il est simplement impossible qu’une élection, où tant de gens votent par dépit, change réellement les choses au Québec. Au mieux, elle empêchera le PQ d’accéder au pouvoir pour ainsi faire reculer le Québec dans l’anglophobie obscurantiste souhaitée par les rednecks.

Mais voilà, j’ai menti. Cette élection a une importance particulière à mes yeux. C’est celle où, pour la première fois (et j’espère la dernière), j’ai décidé, de manière consciente, de ne pas aller voter.

Depuis des années, j’ai des débats avec des gens utilisant la vieille formule dépassée « si tu ne votes pas, tu n’as pas le droit de chialer » et toutes les autres possibles et tout aussi dépassées concernant le non-vote. Je leur explique que personne n’est forcé de voter, que c’est aux politiciens à venir chercher notre vote et qu’il ne leur est pas acquis, que même lorsqu’on ne vote pas, on demeure un citoyen et un payeur de taxes qui a droit de demander un retour sur son « investissement », etc. Mais pour la première fois, ce n’est pas les autres que je défends. C’est moi!

Toute la journée, j’ai remis en question ma décision. J’ai lu un grand nombre de textes et beaucoup de messages d’amis via facebook incitant à aller voter… Il faut dire que cette morale qui nous est imprégnée dès la naissance, comme quoi c’est notre « devoir de voter » a son emprise sur nous tous. Je ne fais pas exception. Mais voilà, rien n’y a fait. Même une remise en question de dernière minute n’a pas renversé la vapeur.

André Pratte écrivait ce matin qu’on n’a pas d’excuse cette année pour ne pas voter. Désolé, mais j’aimerais exprimer mon désaccord! Cette année, pour la première fois, aucun parti sérieux ne s’approche de mes valeurs. Oui il y a une panoplie de partis, mais méritent-ils ma confiance?

D’abord, je me dois de préciser que dans ma circonscription (chutes-de-la-chaudière), le PQ a autant de chances d’être élu qu’une boule de neige en a de survivre en enfer. Sinon, eh oui, je me serais bouché le nez et j’aurais voté pour lui bloquer la voie. Alors, je laisse cette tâche entre vos mains peuple du Québec! Vous dites que je laisse les autres décider à ma place? Ouais! Possible! Mais c’est aussi ce qu’on va faire pour 4 ans! Comme dit un ami à moi: « On donne notre consentement pour qu’ils prennent des décisions importantes qui nous touchent individuellement et collectivement, pendant 4 ans, à notre place, sans nous consulter. » C’est beaucoup cela gouverner et en 2012, ça mérite d’être revu!

Alors les trois grands partis? Désolé, mais je dois les éliminer. Ce sont trois partis de gauche qui, selon leurs programmes et la connaissance qu’on a d’eux, n’auront aucunement réduit la taille globale de l’État et son emprise sur l’économie à la fin de leur règne. Oui, la CAQ promet certaines coupures (bien souvent des déplacements de personnel), mais s’empresse de dépenser l’argent économisé. Nous avons assisté à une autre campagne où les partis se sont bousculé afin de nous promettre leur liste de cadeaux achetés avec notre argent et surtout celui des générations futures. Comme si de rien n’était, comme si l’économie mondiale se portait à merveille, comme si la dette n’existait pas et comme si on n’apprenait pas des erreurs des autres.

Oui, des partis comme L’Équipe Autonomiste et le Parti Conservateur du Québec existent et représentent assez bien mes valeurs et mes idées, mais le 1er n’est pas dans ma circonscription et le deuxième, même s’il est représenté par un jeune homme que je trouve intéressant et respectable, ne m’inspire pas confiance par sa direction. Lui donner mon argent semblerait du gaspillage. Mais je dois avouer que ce dernier choix est celui qui me déchire le plus. Renaud Grégoire a investi de son propre argent pour cette campagne. 1200$ de ce qu’il m’a dit. J’aimerais bien qu’il en retrouve une bonne partie, mais je ne peux me résoudre à donner mon vote à son parti.

Finalement, il y a une grande raison pourquoi je ne vote pas. Cette décision, si elle est prise par un grand nombre de gens comme en 2008, peut engendrer 2 choses: 1) Une offre politique sérieuse plus diversifiée. 2) Un changement dans notre système démocratique. Les 2, le Québec en a selon moi besoin. Notre système a au minimum besoin d’être plus représentatif (une partie des élus devraient selon moi être élus proportionnellement) et de consulter plus souvent les citoyens (via des référendums sur un nombre divers de question à chaque fois que les électeurs sont conviés aux urnes, que ce soit au provincial, au municipal ou au fédéral). Des élections à date fixe et la possibilité de voter directement pour le poste de Premier-Ministre serait aussi une avancée, considérant que les campagnes se font maintenant énormément autour des chefs.

Donc ce soir, plus que jamais, je garderai un oeil sur le taux de participation. Encore là, je vais me sentir déchiré. Selon Ian Sénéchal, qui a une bonne expérience des campagnes électorales, un vote faible avantage le PQ. Selon lui:

Taux de participation < 55% = PQ majoritaire
Taux de participation < 65% = PQ minoritaire
Taux de participation entre 65 et 70 = PQ ou CAQ minoritaire
Taux de participation > 70 = CAQ minoritaire 

Le 57% de 2008 nous a amené tranquillement vers une offre plus diversifiée et un questionnement sur la démocratie. La CAQ a repris le discours de questionnement de l’Étatisme, mais sans le pousser au bout de sa logique. De nombreux petits partis, plus ou moins sérieux, on vu le jour. On n’est pas encore arrivés à destination pour ce qui est des changements dont nous avons besoin. Je souhaite que les prochaines années vont nous y mener. Et je vais y participer du mieux que je peux. Même si je n’ai pas voté!

UPDATE: J’ai clairement perdu mes élections avec presque 75% de participation. Business as usual pour le Québec… Dommage.

Mais présentement, ça semble peu important avec les blessés et peut-être le décès ce soir.

Publié le septembre 4, 2012, dans Politique. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. « si tu ne votes pas, tu n’as pas le droit de chialer »

    La réponse à ça : si je paie des impôts, oh que oui j’ai le droit de chialer!

  2. Ca été une soirée ben fun avec la gang et Gerry evidemment. Doom faut que tu te trouves un job en radio t’es trop bon, pour rester dans l’obscur mirouaarrr .

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