Panique au village séparatiste!!!

sugar-sammy

Depuis dimanche soir, moment où Sugar Sammy a remporté le prix d’Humoriste de l’année (voté par le public) aux Oliviers, le village séparatiste est en panique! En fait, c’est peut-être plus depuis lundi matin. Parce que soyons honnête, les Oliviers, comme à chaque année, était un show archi plate. Alors même si on prétend, selon nos cotes d’écoutes soufflées du Québec, que 1,2 million de Québécois ont regardé les Oliviers, je doute. Je doute surtout qu’autant ont enduré ce supplice jusqu’à à la fin. C’est quand même effrayant qu’une soirée faite pour récompenser les humoristes soit si peu drôle année après année et qu’aucun humoriste ne semble se rendre compte que ça pourrait lui servir de publicité pour vendre des billets. Au pire, si personne n’écoute, ça pourrait devenir un vidéo viral!!!

Mais revenons au village séparatiste! Je ne sais honnêtement pas ce qui s’est passé au village! Sugar Sammy n’est pas connu d’hier! Il n’a pas fait de coming out fédéraliste aux Oliviers et n’a certainement pas fait du prêchi prêcha comme Guy Jodoin au Gala Artis. Est-ce que le fait que les Québécois ont voté pour lui plus que pour nimporte quel humoriste? Avant, ils le croyaient marginal et maintenant, ils voient qu’il plaît énormément tout comme, fort probablement, son discours? Il faut dire que nos séparatistes ne peuvent pas toujours demeurer dans leur bulle où le pays du Québec est proche. Il doit y avoir souvent des « reality check » dans leur entourage ou dans les sondages pour déranger cette bulle. C’est un peu chiant pour eux, il faut les comprendre!

Bien sûr, le Bock Côté a embarqué dans la chorale paroissiale! Il vient de se rendre compte que le Québec est beaucoup plus philosophiquement comme Sugar Sammy que comme le Bock-Côté. Le Québec est plus « colonisé » (a évolué avec le temps) que colon.

Militant libéral au référendum de 1995, il ne cache ni son fédéralisme, ni son adhésion au multiculturalisme. Mais comme il l’a déjà noté, l’humour est infiniment plus efficace que coller des pancartes pour faire «passer son message». Il n’a pas tort. Dans une société «juste pour rire», celui qui fait rigoler a un grand pouvoir. Il peut définir ce qui est branché et ce qui est ringard.

SA VISION DU QUÉBEC

À travers son humour, Sugar Sammy avance sa vision du Québec. Sa marque de commerce, c’est la ridiculisation des Québécois francophones. Et plus exactement de ceux qui souhaitent un Québec français et souverain.

Tout commence bien sûr par le fait qu’un humoriste, un artiste, ose dire ouvertement qu’il n’était pas du « bon bord » en 95. C’est assez rare dans la tribu! Ensuite, comme beaucoup de séparatistes, Bock Côté mélange sans gang et les Québécois! Ce sont DES Québécois, mais certainement pas LES Québécois! Même pas les Québécois francophones! D’ailleurs, j’ai presque l’impression qu’il faut dire que Sugar Sammy est, comme moi, un Québécois! Pas moins que le Bock-Côté!

Ce qui est risible, ce n’est pas le Québécois francophone, mais ces Québécois, souvent unilingues, qui entretiennent une fermeture et même une maladie envers l’anglais. Même pas besoin de dire « les autres langues »! Pour le Colon, c’est l’anglais l’ennemi! Comme sur les plaines d’Abraham lorsque la France et la Grande-Bretagne s’y sont battus.

Je dois aussi ajouter que pour « ridiculiser les Québécois », le Bock-Côté est un expert! Son expression « société juste pour rire » en est une parmi tant d’autres où il se place au-dessus du « petit peuple » à chaque fois qu’elle aime une chose populaire ne moussant pas son idéologie culturelle et politique colone. En voici un autre petit exemple:

Certains Québécois ont une faille psychologique. Ils se sentent enfermés dans une société francophone, parce qu’on leur a dit que l’ouverture au monde est anglophone.

Le déni de cette réalité de l’anglais langue internationale #1 est toujours assez ahurissant! Bizarrement, entre le Bock-Côté et Sugar Sammy, j’ai plus l’impression que c’est Sugar Sammy qui aime le Québec. Du moins celui de 2013. Le Bock-Côté semble aimer un Québec qui n’a peut-être jamais réellement existé ailleurs que dans l’imaginaire du village.

Une petite réflexion en terminant sur le multiculturalisme en commençant par l’étalement des préjugés habituels du Bock-Côté:

En idéalisant Sugar Sammy, ils disent: regardez comme nous sommes ouverts et modernes. Le Québec de Sugar Sammy, c’est celui que nous voulons. C’est un Québec canadianisé, où le bilinguisme est la norme. C’est un Québec qui multiplie les accommodements raisonnables. C’est un Québec qui consent à se dissoudre dans le multiculturalisme canadien.

C’est un Québec où plusieurs sont désormais «Montréalais d’abord», plutôt que Québécois d’abord. Je repense à son spectacle You’re gonna rire. Un spectacle «bilingue». À l’image du Montréal idéal de Sugar Sammy. Un Montréal où on parle bilingue dans la même phrase, évidemment. Un Montréal où les Québécois devraient cesser de se battre pour se faire servir en français.

1) Je comprends que d’être Canadien, c’est l’ultime mal pour un Québécois du village et qu’il est donc important de ploguer ce sentiment dans le texte, mais le bilinguisme n’est justement pas réellement canadien. C’est encore une vue du gouvernement… Quoique c’est pas mal la seule chose importante pour notre colon! Même là, c’était la vue d’esprit d’un Pierre-Elliot Trudeau bien Québécois! Le bilinguisme, spécialement celui formé de la langue locale et de l’anglais langue internationale, c’est en fait répandu dans plusieurs petits États où la population a compris qu’elle n’irait pas loin seulement avec sa langue locale. Les Pays-Bas, la Suède, la Finlande, la Norvège pour ne nommer que ceux-là. Bien sûr, ces États n’ont pas empêché leurs population d’apprendre la langue qu’ils désiraient en majorité et dont ils avaient besoin. Mais ici, le bilinguisme est l’ennemi ultime et ça créé des situations où un Sugar Sammy parle 4 langues alors que Guy A. Lepage est unilingue. Merci la loi 101 qui nuit aux francophones!

2) Les accommodements raisonnables n’ont rien avoir avec Sugar Sammy ou son discours. Mais pourquoi s’empêcher d’essayer de le diaboliser un peu en lançant des accusations vides?

3) Il est tout à fait normal pour un Montréalais d’être Montréalais d’abord! Comme dans nimporte quelle ville de cette taille qui se démarque un peu. Le sentiment est le même à Toronto!

4) Une fois de plus, « cesser de se battre pour se faire servir en français » n’a rien avoir avec Sugar Sammy ou son discours. Personne ne dit ça d’ailleurs! Je répète moi-même depuis des années que c’est à chaque Québécois à le faire s’il le désire.

Le « multiculturalisme » est décrié à gauche et à droite. Pour moi, c’est une politique gouvernementale. Et comme toujours, ce qui est souhaité par l’État et la réalité dans nos vies sont 2 choses totalement différentes. Oui il y a les accomodements raisonnables ridicules. Vous remarquez qu’ils sont faits généralement par l’État ou des bras de l’État? Le reste, les gens s’arrangent pas trop mal. Les individus gèrent leurs interactions entre eux. Les USA n’ont pas une politique multiculturaliste et la vie de tous les jours dans leurs grandes villes ressemble pas mal à celles dans les nôtres. Je le dis souvent, Toronto, Calgary et Vancouver sont des villes plus cosmopolites que New-York et L-A! Est-ce à cause du multiculturalisme? Est-ce dû au fait de vivre à côté d’un géant de plus de 300 millions d’habitants qui a développé chez nous une volonté d’avoir certains marchés de taille « américaine »? Je ne sais honnêtement pas.

Mais plusieurs dénoncent le multiculturalisme à cause de l’islam radical. Un danger qui nous guette certainement ici. Encore plus au Québec parce que l’obsession de la langue que j’ai dénoncée plus haut a fait penser qu’il fallait faire venir ici des immigrants parlant français, peu importe le reste de la culture. Parce que pour plusieurs au Québec, le français, c’est juste ça la culture. Tout commence et se termine par ça. Cependant, est-ce qu’on peut réellement dire que l’islam radical est moins développé aux USA? Je ne dis pas que le multiculturalisme n’est pas à changer ou à revoir, mais j’ai l’impression qu’on vise la mauvaise cible en mettant nos efforts seulement là-dessus.

Publié le mai 15, 2013, dans Éducation, Culture, Humour, Langue, Politique. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Excellent billet, c,est une analyse qui est parallel à la mienne. Quand je pense a tout le temps perdu d’exiger le français m^me pour en respirer ça me fait peur.

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