La maison du menteur.

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Un film sur les racines du FLQ arrive en salles demain (13 septembre 2013) un peu partout au Québec. Son titre? «La maison du pêcheur». J’ai été amené à porter mon attention à ce film depuis des mois puisque ma belle famille a subit les événements scénarisés du film se déroulant en 1969 à Percé. Le grand-père de ma conjointe, Joseph Francis Cain, était même maire de Percé à l’époque où les felquistes et leurs amis ont terrorisé le village. Ne vous attendez cependant pas à ce qu’on vous raconte cette histoire.

Il est précisé au début du film que l’histoire racontée a été romancée, mais le mot est faible. Il faut aussi donner à la production que plusieurs point fictifs importants sont avoués sur le site web du film. Le problème est que l’équipe de direction prétend le contraire en entrevues. En fait, toute la promotion du film se fait autour de mieux connaître notre histoire et d’apprendre qui étaient réellement les membres de la cellule Chénier (qui ont tué Pierre Laporte en 1970). Lors des avant-premières, à Montréal et Québec, le réalisateur Alain Chartrand prétendait même que tout était vrai excepté les histoires d’amour.

n.b.: Alain Chartrand  est le fils de Michel Chartrand qui a été arrêté en octobre 70 grâce aux lois des mesures de guerre. Une chose que le fils semble encore avoir sur le cœur. Il faut dire que même si son arrestation était injustifiée, Michel Chartrand avait souvent offert son appui moral au FLQ, Ça suffisait à l’époque pour arrêter quelqu’un…

Il y a beaucoup plus de faux que de vrai dans La maison du pêcheur. Le film semble être une tentative par les amis des frères Rose d’excuser les gestes violents de la future cellule Chénier. Pas tant ceux commis à Percé, mais ceux de la crise d’Octobre. La thèse développée par les scénaristes du film est que Jacques et Paul Rose ainsi que leurs amis étaient des idéalistes et des pacifistes avant d’arriver à Percé. Ce serait donc le rejet qu’ils y ont connu qui les auraient alors amené dans la violence et même jusqu’au meurtre de Pierre Laporte.

J’ai voulu comprendre qui étaient ces gars-là avant de devenir les principaux acteurs de la crise d’octobre, explique Alain Chartrand. Ils ont été traités, après coup, de terroristes mais à la base, ces gars-là étaient des pacifistes qui avaient une cause à défendre. Ils avaient une mission et ils étaient d’une grande générosité. J’ai voulu découvrir ce qui était à la source des perturbations qui sont survenues 14 mois plus tard. -Alain Chartrand

Spécifions que le scénario a été écrit par Alain Chartrand, Jacques Bérubé et Mario Bolduc. La pierre angulaire semble être Jacques Bérubé, un ami de Paul Rose pendant plus de 30 ans. Le plus connu des deux frères serait même « la bougie d’allumage » derrière le projet de film qui raconte avant tout leur version des faits. Une version laissant de côté tout ce qui était trop gênant et ne pouvait expliquer la thèse expliquée plus haut.

Pour soutenir que les gens de Percé ont poussé nos felquistes dans la violence, on en fait des méchants très caricaturaux. On vise spécialement les gens d’affaire et le maire qui sont tous des personnages fictifs. On n’utilise pas les vrais noms et on invente des commerces. Probablement pour éviter les poursuites pour salissage de la mémoire de ceux qui ont réellement vécu l’été 69.

La réalité, c’est que les amis du scénariste et leur entourage ont imposé un régime de terreur à Percé. Les menaces, le vandalisme (le vrai, pas les niaiseries qu’ils montrent dans le film), les vols, la tentative de mettre le feu à la maison du maire (alors que la famille est là), résument certaines de leurs actions. Un des plaisirs des « hippies » était d’occuper des restaurants pendant des soirées de temps. Parfois ils ne faisaient que prendre de l’eau, le reste du temps ils partaient sans payer. Pour de petits commerçants qui réussissent à survivre grâce à la saison touristique en été, se faire dérober ainsi était très dur. C’est donc tous ces gestes criminels, en plus de l’absence de collaboration de la SQ, qui ont poussé la ville à vider la maison du pêcheur avec les tuyaux des pompiers.

Lettre de menaces

Mais ne cherchez rien de cela dans le film. On y prétend que les felquistes et leurs amis ont été victimes d’abus tout l’été parce qu’ils faisaient du bruit.

Ce qui est heureux au final, c’est que le film est particulièrement mauvais. Il y a de la bonne et de la mauvaise propagande. Un jour je vous parlerai de The Newsroom qui est de la propagande de gauche très bien faite. Mais La maison du pêcheur est de la TRÈS mauvaise propagande. On se croirait à certains moments dans Le cœur a ses raisons tellement les personnages et les plans de caméra sont ridicules. Il ne devrait donc pas durer longtemps dans les cinémas et ça ne vaut pas tant la peine de mettre de grands effort pour défaire tous les mensonges du film. Ce blogue sera donc ma seule vraie contribution à ce sujet.

Notons que Marc Cassivi a aussi élaboré ce matin sur d’autres mensonges du film. Spécialement celui qui est à la base de l’histoire du héro du film, Bernard Lortie, qui est devenu fils de pêcheur dont le père se fait saisir son bateau pour les besoins du film.

Alors si vous voulez connaître votre histoire, ce n’est pas avec La maison du pêcheur que vous y arriverez. Ne perdez pas votre temps! Je veux cependant, en terminant, féliciter très sarcastiquement l’ex député libéral Georges Mamelonet, présent propriétaire de la maison du pêcheur et Téléfilm Canada qui ont aidé à la réalisation de ce torchon cinématographique.

Ajout: Ce n’est pas pour les mêmes raisons, mais même un des « héros » du film raconte comment c’est un tissus de mensonge. D’ailleurs, les amis des frères Rose qui ont créé ce film ne sont présentement pas contents que ceux qui le savent parlent. Ça a cependant fait en sorte que Jacques Bérubé s’est une fois de plus humilié avec ses mensonges.

Publié le septembre 13, 2013, dans Culture, Films, Histoire. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Très bon Doum. Je rêve du jour ou nous pourrons lire ou entendre une analyse de la sorte dans nos médias pourris et complaisant. Une ecoeuranterie de plus dans le portrait Québécois! Dire qu’il y a des morons qui vont aller voir ce navet de propragande…

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